lundi 27 novembre 2017

Esclavage ! du temoignage

objectif premier de l'Europe : empêcher les migrants d'arriver sur son sol...donc       
 
 
« Le gouvernement suit avec grande attention les rapports des médias sur l'exploitation des migrants clandestins par des criminels » a annoncé un haut diplomate libyen
« si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies ».
le vice-premier ministre, Ahmed Metig, qui a également exprimé « son mécontentement quant à la réapparition du commerce d'esclaves dans la banlieue de Tripoli ». Selon l'AFP qui s'appuie sur un de ses communiqués publiés sur Facebook, Metig avait indiqué qu'il chargerait « une commission d'enquêter sur ces informations de presse afin d'appréhender et soumettre les responsables à la justice ».
<<<<<<<ah!ah!ah!ah!ah!ah!ah!ah!ah!ah! sérieusement ?

depuis le reportage de CNN sur la Libye, on fait semblant de découvrir qu'il se passe quelque chose....les articles se multiplient...m'est avis que la prochaine insulte à la mode va être "sale esclave", ou "t'aurais pu être esclave en Libye"
vendredi dernier, dans le bus 68, Mairie de Montrouge...un collégien, noir, couleur café, a fait quelque chose et il a eu droit à un fort et sec "t'es pas en Afrique ici", il n'a rien répondu au vieil homme à casquette, un retraité, une belle tête à ne pas voter à gauche...le collégien est  resté impassible, mangeait des chips, son copain à la négritude dilué, a lui aussi ignoré le vieil  homme....


dans le Monde, je lis :
Domestiques sénégalaises à l’étranger : « un jour, j’ai compris qu’on m’avait vendue ! »
 
 De nombreuses femmes quittent Dakar pour aller travailler en Arabie saoudite, au Liban ou au Maroc. Une expérience qui tourne souvent à l’esclavage moderne.

Lorsque Boury raconte son séjour en Arabie saoudite, la colère et la peur le disputent au dégoût :
"C’était l’enfer ! Le premier jour, ils m’ont touché les cuisses et les fesses. Pendant que je travaillais, les fils de la patronne me reluquaient tout le temps. Je dormais habillée, un couteau à portée de main."
Boury est née et a grandi à Dakar, dans le quartier de Sicat Liberté. A 20 ans, après avoir arrêté ses études d’architecture à la suite d’une grossesse, elle a commencé à travailler comme serveuse dans des restaurants. Puis, en 2015, après son divorce, elle part travailler comme femme de ménage en Arabie saoudite sur les conseils de sa mère, dont une amie tient une « agence de recrutement ». Elle a 25 ans et un enfant de 5 ans, qu’elle laisse chez sa mère. Sur place, elle ne sera jamais payée pour le travail effectué.
« Je suis arrivée chez mes employeurs à 5 heures du matin. Ils ont pris ma valise et l’ont renversée, ils ont pris tout le matériel électronique. J’ai dit : “Et le passeport ?” Ils m’ont répondu : “Ça aussi on le garde.”

Mais le pire commence le jour où elle exprime sa volonté de rentrer au Sénégal. D’abord, sa patronne essaie de la placer chez quelqu’un d’autre ; ensuite, les propositions plus dégradantes arrivent :
« Le frère de la patronne m’a dit : “Tu peux venir chez moi. Chaque fois que j’aurai envie de sexe, tu seras à ma disposition et, dans six mois, tu auras de l’argent, une maison et même une voiture à envoyer au Sénégal.” Quatre hommes de la famille m’ont fait une proposition similaire. »

Finalement, Boury découvre la raison pour laquelle on ne l’avait jamais payée :
« Au Sénégal, on m’avait vendue ! Ma patronne m’a affirmé avoir payé l’équivalent de 2 millions de francs CFA [plus de 3 000 euros], elle m’a dit : “J’ai payé ton billet, ton visa et j’ai donné de l’argent à ton agence pour te faire venir, donc tu n’iras nulle part tant qu’ils ne me rembourseront pas ou ne me donneront pas une autre fille ! »

Boury n’est pas la seule dans ce cas. Selon le Global Slavery Index 2017 publié par la Walk Free Foundation, une organisation qui se bat contre la traite des humains, il y aurait eu 40,3 millions de victimes d’esclavage moderne en 2016 : parmi elles, de nombreuses domestiques asiatiques et africaines. Sur 67,1 millions de travailleurs domestiques dans le monde, 11,5 millions sont des migrants, selon le Bureau international du travail, et parmi ceux-ci, 73,4 % sont des femmes.
Lire aussi :   Au Maghreb, le racisme anti-Noirs persiste
Comme Boury, on estime que chaque année des centaines de Sénégalaises – aucune statistique fiable n’est disponible – vont travailler comme femmes de ménage à l’étranger, principalement en Mauritanie, au Maroc, au Liban, au Koweït et en Arabie saoudite. Au Sénégal, le taux de chômage est de 25 %, et, pour les femmes peu instruites, le travail le plus accessible est celui de bonne à tout faire, pour environ 70 euros par mois : une misère comparé aux promesses de salaire faites par des agences de recrutement illégales ou par des intermédiaires véreux qui font miroiter aux femmes une situation autrement enviable hors des frontières sénégalaises.
Las, pour les domestiques qui cherchent à échapper à l’exploitation au Sénégal, le scénario se répète à l’identique, voire en pire, à l’extérieur. Seules dans un pays étranger dont elles parlent rarement la langue, enfermées à domicile, sans papiers ni téléphone (confisqués par le patron), elles travaillent toute la journée, sans jour de pause, congé ou arrêt maladie, pour un salaire dérisoire quand il n’est pas tout simplement inexistant. Et les moins chanceuses sont victimes de violences psychologiques, physiques ou sexuelles.
« Certaines sont en prison »

Emily Diouf, 34 ans, a travaillé au Maroc grâce à l’entregent d’une cousine qui y officiait comme « petite bonne ». Aujourd’hui rentrée au Sénégal, à Keur Massar, à 20 km à l’est de Dakar, elle se souvient du « cas d’une fille de 25 ans violée par son employeur » :
« Lorsqu’elle l’a dit à sa patronne, celle-ci lui a rétorqué que jamais son mari n’aurait fait ce genre de choses et elle l’a chassée. Peu après, on a su qu’elle était enceinte, et puis on n’a plus eu aucune nouvelle. Elle ne connaissait personne au Maroc. »

Autre témoignage, celui de Ndeye Ndoye, 32 ans. En août 2015, alors qu’elle était au chômage après une expérience sans aucun contrat dans un salon de manucure, elle est partie au Liban, où on lui avait fait miroiter un salaire de 450 euros par mois. Mais, sur place, elle a vite déchanté :
« Ils me battaient. Le mari m’insultait : “Tu es une esclave, nous ne respectons pas les Noires ici.” Parfois ils ne me laissaient sans rien à manger. Je devais me réveiller à 6 heures et travailler jusqu’à 1 heure le lendemain. Je devais tout faire et la maison était trop grande. Je ne pouvais pas me reposer, je ne pouvais même jamais m’asseoir ! »

Comme Boury, ce n’est souvent qu’au moment où ces femmes insistent pour rentrer au Sénégal qu’elles découvrent avoir été arnaquées et vendues. Elles doivent alors choisir entre deux solutions : soit attendre que leur agence envoie une « remplaçante », soit prendre la fuite. Celles qui disposent d’un portable ou d’une connexion Internet cherchent de l’aide auprès de leur entourage, de l’ambassade ou même des médias sénégalais ; les autres sont obligées de s’enfuir, au risque de tragiques épilogues.
« Ils ont tué beaucoup de filles là-bas. Certaines ont disparu ou fini en prison », affirme Boury. Ainsi de Mbayang Diop, 22 ans, partie en Arabie saoudite pour gagner de quoi élever son fils et prendre soin de ses parents, âgés et malades. Accusée d’avoir tué sa patronne, elle est détenue dans une prison saoudienne depuis juin 2016 et a été condamnée à mort. Au Sénégal, Mbayang Diop est devenue l’icône de la bataille pour les droits des domestiques.

                                    
 
SICILE-Alors que la vente des noirs subsahariens en Libye continue d’heurter la conscience de toutes les âmes sensibles et cristallise les débats, certains rescapés de ce commerce abject brisent le silence et racontent leur mésaventure. C’est le cas de ce jeune guinéen originaire de Diaguissa Dalaba. Ibrahima Sow qui a réussi par miracle d’atteindre les côtes italiennes raconte en exclusivité à Africaguinee.com l’enfer qu’il a traversé en Libye. Séquestration, privation, torture, ce jeune de 27 ans livre aussi les secrets de ce trafic humain qui prend ses souches en Afrique de l’ouest pour étendre ses tentacules dans certains pays du Maghreb.
 
Africaguinee.com : Bonsoir Monsieur Sow ! Vous êtes un jeune guinéen qui est passé par la Libye avant de rallier les côtes italienne via la méditerranée. Racontez-nous votre périple ?

Bonsoir Africaguinée ! Je suis très heureux de parler sur votre site aujourd’hui surtout que vous accordez un accent particulier sur la vie des migrants.

Avant tout, j’ai envie de dire que c’est la pauvreté, le manque d’espoirs qui m'ont poussé à partir. Ce pays appelé la Libye est devenu un passage de choix pour tous ceux veulent atteindre l’Europe clandestinement. Mais l’anarchie y règne en maitre. C’est courant février 2015 que j’ai quitté Conakry, deux ans après l’obtention de mon diplôme d’université en télécommunication. Faute d’espoir et perspectives je suis parti.
Comme vous le savez, la Libye est devenue ingouvernable depuis la chute de Kadhafi. Les autorités actuelles peinent à mettre de l’autorité dans ce pays. Les armes sont restées dans les mains des mouvements rebelles.  Chaque tribu, chaque bande armée est maitre dans sa zone, même les petits enfants sont armés. Je ne pense pas que ces rapts, ces séquestrations soient la volonté des autorités libyennes, mais c’est du fait que les armes et les tribus sont incontrôlables dans ce pays. Il suffit que vous alliez dans une zone où vous êtes un inconnus, on vous met la main dessus, les unités de police, de gendarmerie n’existent presque plus, c’est la loi de la jungle.

Dès qu’ils voient un noir passer, ils disent voilà de l’argent qui se promène…
Dès qu’ils voient un noir ou des noirs sur le territoire libyen on sait qu’ils sont de passage, facilement on les séquestre et on exige des rançons. A défaut ils sont vendus pour des travaux forcés loin des villes, dans des endroits isolés.  Il suffit qu’un noir passe, ils disent directement voici de l’argent qui se promène. C’est dans cette situation que j’ai été séquestré pour la première fois dans la ville de Misrata près de deux mois. J’ai pu échapper. Ensuite  j’ai voulu rebrousser chemin en regagnant le Niger. 
Arrivée à Saba un gars qui m’a parlé en bon guinéen m’a convaincu de m’aider à traverser la méditerranée. Il était question de retourner à TRIPOLI maintenant, je lui avais dis après la traversée, un parent va expédier de l’argent à son adresse. Au fur et à mesure qu’on avançait, il m’a laissé seul au milieu des hommes armés sans issu. Il m’a fallu plusieurs jours là aussi, c’est un frère qui vit en Guinée qui m’a envoyé 200 dollars sur une adresse à  Agadez au Niger. Cet argent a été donné à un homme armé dans le centre de séquestration où j’étais détenu. Ce dernier a utilisé un code entre nous pour me faire sortir de là, il m’a donné un papier blanc sur lequel il y avait sa signature et une photo de lui et m’a indiqué une piste à suivre pour atteindre Tripoli, partout quand je montre sa signature et sa photo on me laisse passer.
J’ai passé au moins 9 mois avant de traverser. J’ai rencontré finalement les bons passeurs qui m’ont fait traverser. La traversée a été payée en Guinée à un représentant du réseau. C’est un frère qui a payé ce n’est pas parce  qu’il était consentant de mon voyage, mais il avait peur que je meurs dans cet enfer. A un certain moment je me suis dit que c’était fini ma vie, je ne m’attendais qu’à ma mort dans ce monde de la loi du plus fort. Mais l’unique inquiétude que j’avais, ce que mes parents n’allaient jamais savoir ce qui m’est arrivé. Si ma mémoire est bonne c’est au mois de juin 2016 que je suis arrivé en Italie.
Mais pour être honnête, quoi qu’on  vous dira, on ne pourra décrire la souffrance des subsahariens en Libye. Séquestration, torture, rapt, rançons, travaux forcés sont leur quotidien.

Vous avez vécu ça expliquez-nous réellement comment les rapts se font ?
Ecoutez aujourd’hui c’est la Libye qui est incriminée et qui fait l’objet de marche et dénonciation à travers le monde pour ce trafic d’esclavage. Mais en réalité les réseaux des trafics commencent dans nos pays notamment en Afrique de l’Ouest comme la Guinée, dans nos villes, dans nos quartiers voire dans nos familles, les représentants sont là-bas aux yeux de tous. Les bons et les mauvais réseaux sont là-bas chacun trouve son compte dans cette situation difficile en Libye, c’est là-bas que vous payez le passage.
En Guinée par exemple les représentants sont dans toutes les grandes villes du pays, c’est ceux là qui vous donnent des contacts sur le chemin, quand vous êtes pris aussi il faut passer par eux pour le paiement des rançons pour obtenir votre liberté. Imaginez vous en quittant la Guinée, vous ne connaissez personne en Libye. Sur le terrain vous rencontrez quelqu’un qui vous parle en bon Maninka, étant Malinké vous le suivez, celui qui vous parle poular vous lui faites confiance sur le champ étant peulh, donc c’est comme ça. C’est nos compatriotes là qui vous conduisent le plus souvent dans ces camps de séquestration, ils reçoivent un peu d’argent en échange de votre personne.
Vous souffrez énormément on vous demande des rançons à payer, si vous êtes incapables de payer, on vous revend à ceux qui ont des travaux difficiles dans les zones rurales. Peut-être vous avez constaté dans les videos diffusées sur la vente des esclaves, ils les vantent d’avoir beaucoup de force, un homme faible a beaucoup de chance d’être rejeté. Peut-être c’est la chance que j’avais eu parce que je suis très chétif. Sinon beaucoup d’hommes ont été sélectionnés parmi nous on m’a toujours sauté, ce qui a faciliter certaines choses pour moi. J’étais parmi ceux qu’on considérait comme les bon à rien. Ce n’est pas hier que ces trafics ont commencé en Libye. Mais c’est hier que la situation a touché la conscience de tout le monde à travers le monde. Sinon depuis 2015 la vente des noirs est en vogue dans ce pays devenu une jungle.

Pensez vous que c’est possible de démanteler ces réseaux qui vendent les êtres humains en Libye ?
 Tout est possible mais ça ne sera pas facile parce qu’il n’y a pas d’autorité dans ce pays. Ces bandes armées sont partout, beaucoup de villes sont contrôlées par des rebelles, l’insécurité est là, personne ne peut s’aventurer pour démanteler ces réseaux, sinon c’est une autre guerre qui va s’ouvrir dans ce pays. Des gens qui sont au chômage ont trouvé les moyens de gagner leur vie en vendant des êtres humains.
Pour moi la  meilleure manière de contrecarrer cette nouvelle forme d’esclavage c’est de démanteler les réseaux et leurs représentants dans nos pays d’origine. En Guinée par exemple les autorités peuvent rechercher et arrêter tous ces trafiquants au pays, c’est les premiers responsables de cet esclavage en Libye. En Libye ceux qui conduisent les gens dans les camps sont noirs comme nous mais ils ne sont pas arrêtés, le cordon ombilical de cette affaire c’est en Guinée, au Mali, au Niger, au Sénégal etc.

Avez-vous un dernier message ?
Aujourd’hui il faut que l’Etat guinéen se lève pour veuiller à ces mouvements de foule en Guinée vers les frontières. Vous voyez des gens au pays qui n’ont aucun emploi officiel connu qui se font appeler hommes d’affaires, ils circulent dans des belles voitures, les autorités approchez vous d’eux, ils ne sont pas loin des réseaux de trafic. Si votre fils sort de chez vous après deux ans vous n’avez  aucune nouvelle de lui, ne vous faites pas assez de doute soit il est séquestré en Libye ou vendu pour des travaux champêtres  loin des villes.
Si chaque pays  subsaharien maitrise les réseaux de trafic chez lui, c’est la meilleure idée de barrer la route  à l’esclavage en Libye et les autres pays du Maghreb. En Guinée, ils sont innombrables ces réseaux que ça soit à Conakry ou à l’intérieur du pays. D’autres sont installés en Libye pour orienter leurs frères dans les trous. Au moment où je quittais la Libye beaucoup étaient là sans issus séquestrés dont les parents ne savent pas ce que sont devenus leurs fils. Ils sont des guinéens, des maliens, des sénégalais, des gambiens, c’est les plus nombreux d’ailleurs bien qu’il y a d’autres nationalités.
Beaucoup vont s’étonner du fait que je condamne ces réseaux alors que je suis passé par là pour arriver sur le continent européen, mais s’il est à refaire je le ferai jamais et je le souhaite pas même à mon pire ennemi. Ce qui me retient en Europe ici c’est d’avoir un moyen de faire quelque chose au pays avec l’OIM.  J’ai trouvé des milliers d’africains ici en Europe, des gens qui ont fait près de 10 ans sont encore à la quête de l’asile qui s’obtient difficilement, rien ne garantit l’avenir par ici. C’est vrai que les gens fuient la misère sans espoir de changer les choses par les gouvernants, il faut qu’ils  mettent en œuvre des perspectives pour répondre aux attentes des populations.
La dernière chose que je souhaite souligner certains pensent que c’est les parents qui encouragent les enfants à partir, non. Beaucoup de candidats à l’immigration c’est quand ils sont loin qu’ils disent aux parents appuyez moi pour la suite sinon je risque de mourir en cours de route. Etant père ou mère tu es obligé de compatir et d’aider ton fils à partir du moment qu’il a quitté le pays. Mais encore une fois, j’insiste il faut démasquer et démanteler les représentants des réseaux dans nos pays, ça va empêcher nos frères de quitter là-bas
M Sow merci !
C’est moi qui vous remercie
Interview réalisée par Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
http://www.africaguinee.com/articles/2017/11/19/esclavage-en-libye-les-revelations-bouleversantes-d-un-jeune-rescape-guineen
 
 
 

samedi 25 novembre 2017

Un doc : Ouvrir la voix

" sur les femmes noires issues de l'histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles.
Le film est centré sur l'expérience de la différence en tant que femme noire et des clichés spécifiques liés à ces deux dimensions indissociables de notre identité "femme" et "noire". Il y est notamment question des intersections de discriminations, d'art, de la pluralité de nos parcours de vies et de la nécessité de se réapproprier la narration."
 
OUVRIR LA VOIX_Trailer  
 
la réalisatrice est Amandine Gay.....pas de fantaisie capillaire,  elle a toute mon attention
«Ouvrir la voix» pour la donner aux femmes noires  
 
FAIS L'ACCENT EUROPEEN  
 
je ne connaissais pas le terme niafou
BOUNTY VS NIAFOU  
 
"...plus t'es foncé plus t'es sensé être moche, plus t'es sensée être belle c'est un peu triste mais c'est un constat c'est vrai que quand j'étais petite, moins de 10 à peu près, j'étais très complexée par ma couleur de peau, puisque ma mère est métissée elle est particulièrement claire elle a des yeux noisettes rien à voir avec moi et ma sœur également, alors que moi je n'ai pas du tout leur teinte, j'avais l'impression soit d'être adoptée soit d'être simplement malchanceuse, en fait tout simplement  c'était dur pour moi je me trouvais trop noire"
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crème éclaircissante...ouais les filles le mot c'est colorism, peau chapée
 LA MALEDICTION DE CHAM  
 
nommer actrices noires
AISSA MAIGA ?
 
TU VAS ETRE EBLOUI PAR MA JOIE  
 
IL S'AGIT D'UN BLACK  
 
QUI NE CONNAIT PAS MEME KUNTA KINTE ?  
 
NOIRE A VIE  
 
poupée blanche
ELLE AVAIT PAS DE PROFESSION  
 
UN MILITANT POUR LES DROITS DE L'HOMME  
 
la burqua
ILS ONT FAIT UNE GREVE  
 
 
bon err ! well ! c'est déjà mieux que nos deux écrivains auto proclamés
- toute la promo du doc m'a échappé
-trop de gros plan...impossible d'apprécier les visages
-elles ont toutes de belles dents blanches
-elles sont vagues sur le colorism
-je n'apprends rien que je ne savais déjà
-l'histoire des noirs c'est l'histoire des noirs ricains, seuls en capacité de la dire
-ça ne marche pas sur moi, parce que le racisme anti noir est universel, vous n'allez pas aimer ce que pensent les asiatiques, les arabes, les pays de l'Est, les Roms(j'ai toujours en tête "ils traitent les noirs mieux que nous"
<<<<quelqu'un devrait se dévouer et écrire : le racisme anti noir pour les nuls....pour ne pas être surpris....
 
souvenons-nous
Je ne comprends pas pourquoi ils nous donnent des visas pour venir étudier ici s'ils ne veulent pas de nous. Je vais dire aux gens dans mon pays de ne plus envoyer leurs enfants en Ukraine. Ici, on est mis à l'écart. On reste entre Africains et très peu d'étudiants ukrainiens nous parlent. Et en dehors de l'université, c'est encore pire. La nuit, c'est même dangereux pour nous de sortir. On se fait insulter tout le temps. Il n'y a pas très longtemps, je me suis fait agresser en rentrant du supermarché. Mais quand j'en ai parlé à la police, on m'a simplement menacé de me renvoyer chez moi.
http://observers.france24.com/fr/content/20120127-vu-ukraine-noirs-arabes-sont-singes-pensent-seduire-nos-femmes
 

Interview de Confiant en 2002...sur l'Afrique

...l'intervieweur veut lui forcer la main....vu la réussite des indépendances africaines ben heu !

Interview de Raphael Confiant accordée au journal Jeune Afrique.

J.A./L’INTELLIGENT : Êtes-vous déjà allé en Afrique ?
RAPHAËL CONFIANT : Je connais bien le Maroc et l’Algérie, où j’ai enseigné en 1975. Par une sorte de fatalité, chaque fois que j’ai eu l’occasion d’aller au sud du Sahara, un événement m’en a empêché. Mais je m’informe. Quand j’étais étudiant, je lisais régulièrement Afrique-Asie et Jeune Afrique.
 
J.A.I. : Sur le plan littéraire, quels sont les écrivains africains qui vous ont marqué ?
R.C. : J’apprécie beaucoup le poète Senghor. Il n’est pas le poète du cri, comme Aimé Césaire, mais sa plénitude me fait penser à Paul Claudel. J’aime aussi Yambo Ouologuem et son Devoir de violence.
 
J.A.I. : C’est peu…
R.C. : Oui, je trouve la littérature africaine trop conformiste à cause du problème linguistique. À part Ahmadou Kourouma, dont j’apprécie le travail sur l’africanisation de la langue, les écrivains du continent sont en général trop respectueux du français. Les anglophones – Chinua Achebe, Amos Tutuola – n’ont pas hésité à s’approprier l’anglais. Cheick Amidou Kane, Sembène Ousmane font de la belle littérature, Henri Lopès ou Mongo Beti polémiquent… Mais la littérature, c’est aussi la création d’un style. Un écrivain est d’abord un forgeron de la langue avant d’être un politique, un dénonciateur, un ethnologue ou un sociologue.
 
J.A.I. : D’après vous, à quoi est-ce dû ?
R.C. : La francophonie pèse de tout son poids sur l’expression en langue locale. Voyez l’état du wolof, parlé par 90 % des Sénégalais, écrit depuis fort longtemps : il n’a même pas de place à l’Assemblée nationale ou simplement dans les programmes scolaires. Le créole, lui, n’a même pas deux siècles et il est présent partout. C’est paradoxal, car les Antilles sont sous domination française. Je ne comprends pas comment les Africains, qui ont des langues plus solides et plus anciennes que la nôtre, peuvent faire l’impasse sur elles.
 
J.A.I. : Ce n’est pas le cas dans la zone anglophone ?
R.C. : Pas du tout. L’imaginaire de Wole Soyinka, Ngugi Wa Thiongo, Chinua Achebe ou Amos Tutuola s’est forgé d’abord dans leur langue maternelle. Ils l’ont ensuite pratiquée soit par le théâtre, soit par la littérature.
 
J.A.I. : Publier en créole, est-ce une revendication ?
R.C. : C’est plus que cela, c’est un ressourcement. L’imaginaire, les sentiments, la sensibilité se forment dans l’enfance, elle-même bercée par des mots et des images. Or l’écrivain travaille avec sa sensibilité…
 
J.A.I. : Vous limitez néanmoins ensuite votre lectorat aux créolophones…
R.C. : Oui, mais la littérature n’est pas qu’une activité économique. La plupart de mes romans ont d’ailleurs été traduits en français, quelques années après. Arrêtons de nous croire le centre du monde. Les Finlandais ne sont que 4 millions, ils font leurs études de la maternelle à l’université en finnois, ils écrivent en finnois et les éditeurs français qui s’intéressent à leurs oeuvres traduisent. Ismaïl Kadaré écrit en albanais, cela ne l’empêche pas d’être un des plus grands écrivains européens.
 
J.A.I. : On peut, comme Vladimir Nabokov, écrire dans une autre langue…
R.C. : Je distingue les auteurs qui choisissent d’écrire dans une langue qui n’est pas la leur et ceux qui y sont contraints à cause d’un processus historique. Les Africains n’écrivent pas en français par choix, ils le font parce qu’ils n’ont pas le choix. Nabokov aurait pu écrire en russe, il y a une très belle littérature russe. Eugène Ionesco aurait pu continuer à écrire en roumain. Samuel Beckett est passé de l’anglais au français. Quand j’écris en créole, je refuse la fatalité qui fait que je n’ai qu’une langue à ma disposition.
 
J.A.I. : Peut-on revendiquer à la fois la négritude et l’intégration dans le monde ?
R.C. : La négritude revendiquait l’humanité de l’homme noir. Il faut maintenant parler des cultures. Ce qui distingue les hommes n’est pas leur race, mais leur culture. Aux Antilles, nous avons eu Édouard Glissant et nous avons pris conscience d’être un seul et même archipel, malgré la différence des langues : espagnol à Cuba, créole en Haïti, anglais en Jamaïque, etc. Aujourd’hui, nous défendons cette particularité face à la mondialisation. La négritude n’a plus de valeur opératoire. Les problèmes de l’Afrique concernent le développement et la démocratie.
 
J.A.I. : Vous sentez-vous concerné par les problèmes de l’Afrique ?
R.C. : Oui, je suis concerné et consterné. Certains étudiants de sciences politiques à Aix-en-Provence, en 1970, gauchistes révolutionnaires, militants de la FEANF (Fédération des étudiants d’Afrique noire en France) sont devenus ambassadeurs ou ministres. Arrivés au pouvoir, ils se sont comportés comme des s…, c’est pourquoi je parle de consternation. Cela me concerne parce qu’une part importante de nous-mêmes vient d’Afrique.
 
J.A.I. : Vous le revendiquez ?
R.C. : Oui. Mais toute la culture antillaise n’est pas pour autant africaine. Il y a les apports amérindiens, européens. Après l’abolition de l’esclavage, des travailleurs sont venus de Chine et d’Inde. Ce mélange a produit quelque chose de nouveau : les Antillais. Mais quand j’entends ce qui se passe au Rwanda ou au Congo, cela ne me laisse pas indifférent. Pour moi, il est important que l’Afrique se redresse et avance.
 
J.A.I. : Votre regard sur les Africains est sans indulgence, mais les Antillais ne devraient-ils pas commencer par se libérer eux-mêmes de la colonisation ?
R.C. : Cela n’a rien à voir. Il ne faut pas confondre les peuples qui vivent dans leur pays depuis des millénaires, qui n’ont perdu ni leur langue, ni leur religion, ni leurs clans, ni leurs rituels. C’est normal qu’ils viennent réclamer leur indépendance. Nous, Antillais, avons été déplacés et brisés. Nous avons dû réinventer autre chose, dans un autre pays. Il fallait que notre peuple s’habitue à considérer les Antilles comme sa patrie. Ce n’est pas si évident car les esclaves ne sont devenus des hommes qu’en 1848, c’est-à-dire il y a cent cinquante ans. Trois ou quatre générations ne peuvent être comparées avec une Afrique qui existe depuis toujours.
 
J.A.I. : Tout de même, c’est suffisant pour construire une identité nationale. Israël a mis moins de temps…
R.C. : N’oubliez pas non plus qu’Aimé Césaire, grand défenseur de la négritude, a été le rapporteur de la loi de 1946 qui a transformé les Antilles en département français ! Il y a une contradiction. On dit « rapprochons-nous de l’Afrique », on écrit des discours, des poèmes, des pamphlets contre le colonialisme et, dans le même temps, on est député à l’Assemblée nationale française et on vote une loi qui transforme les Antilles en Pyrénées-Orientales ou en Charente Maritime. Le « moratoire » décidé par la gauche en 1981 ne vaut guère mieux.
 
J.A.I. : Quoi qu’il en soit, il n’y a quasiment pas de lutte pour l’indépendance aux Antilles…
R.C. : Et très peu en Afrique noire francophone ! À part Lumumba contre les Belges. Au Cameroun, peut-être… Mais les Senghor et autres Houphouët-Boigny étaient des grand commis de l’État français… Les intellectuels antillais perçoivent cela comme une indépendance fictive, cosmétique. Ces pays ont un passeport, un drapeau, une équipe nationale de foot, mais les fonctionnaires sont souvent payés par la France et les décisions sont prises par les coopérants français. Et on peut dire que l’indépendance complète n’a pas réussi à la Guinée.
 
J.A.I. : Encore une fois, vous êtes sévère…
R.C. : Je n’ai aucun complexe envers l’Afrique. Je la respecte. Je souhaite qu’elle donne une bonne image d’elle-même, mais je ne me sens pas responsable de ce qui s’y passe. Quand certains disent que nous sommes de faux Africains, c’est vrai. Cette tentative de culpabilisation est absurde.
 
J.A.I. : Vous mettez de l’huile sur le feu de l’antagonisme entre Africains et Antillais…
R.C. : Nos relations ont besoin d’être clarifiées, ce qui n’a jamais été fait. Chacun doit savoir où il est, qui il est et l’on parlera d’égal à égal. Mais les Africains veulent faire de nous une espèce de diaspora. J’ai horreur de ce mot-là. Je ne suis la diaspora de personne. Nous sommes cousins, c’est tout.
 
J.A.I. : Avez-vous une part d’américanité ?
R.C. : Elle est objective, vu la géographie. Notre identité est américaine et notre carte d’identité est française !

Novembre ! novembre ! mais 2017

 quand ton laptop te dit de ne débrancher pendant une mise à jour, ben faut pas....
fin octobre, le froid s'empare de moi, s'en est suivi  15 jours de quintes de toux sèches violentes, surtout entre 23h30 et 5h du mat'...sirop ou pas...c'était assez bruyant, impressionnant....de quoi vous mettre en quarantaine....

dimanche 19....journée mondiale des toilettes...quoi de mieux que de l'apprendre en commençant sa journée par un reportage(Europ'1) à Madagascar où une femme vit avec ses deux enfants dans une cabane où l'on ne peut pas tenir debout, nous dit le journaliste... avec en face un canal où les gens viennent faire leur besoin...ouais super ! la malheureuse ne peut pas se plaindre, car elle  pourrait se faire dégager de sa cabane et le pouvoir ne veut pas investir dans des toilettes publiques.....et c'est la nappe phréatique qui prend tout....

donc il faut un reportage brumeux de CNN pour que ça prenne, qu'on fasse semblant de découvrir que ça a commencé   hier....ils ont refilé aux libyens la tâche de les refouler donc....
 
 
 







 
 
 Invité de franceinfo mercredi, François Gémenne, chercheur en science politique à l'université de Liège (CEDEM) et à Sciences Po Paris, spécialiste des flux migratoires, estime que la Libye est devenue "une sorte de camp de concentration à ciel ouvert pour ces populations". Il pointe la responsabilité des gouvernements européens.
 
franceinfo : Pourquoi les pays européens sont- ils responsables de la situation des migrants en Libye ?
François Gémenne :Les gouvernements européens ont conclu des accords avec la Libye pour qu'elle reprenne les migrants qui avaient été sauvés en mer et rapatriés sur les côtes européennes. En quelque sorte, les gouvernements européens les renvoient à l'enfer dont ils s'étaient extraits. Nous continuons à voir ces migrants en Europe comme des migrants économiques, alors que ce sont des gens qui fuient des exactions abominables, des tortures.
La Libye est une sorte de camp de concentration à ciel ouvert pour les migrants. Ces gens doivent recevoir une protection internationale. C'est abominable de les renvoyer dans l'enfer dont ils se sont extraits.
 
L'Europe est intervenue pour limiter les abus en Libye. Cela a-t-il été efficace ?
Sans succès. Il n'y a plus d'Etat en Libye. Des grandes portions du pays sont aux mains de grandes factions rebelles sans que le gouvernement n'ait aucun contrôle sur elles. Donc, il n'y a pas d'interlocuteurs valables. L'idée de négocier un accord avec la Libye me semble totalement absurde.
Bruxelles répond que l'UE finance les activités de l'ONU pour protéger les migrants en Libye.
 
 Y-a-t-il des dispositifs particuliers sur place ?
Heureusement que l'Union européenne contribue au budget de l'ONU et de l'agence de l'ONU pour les réfugiés. Cette défense de la part de Bruxelles est assez pathétique quand on sait que les gouvernements européens passent des accords avec la Libye pour renvoyer les migrants. L'autre scandale est de penser que le chiffre de mortalité ne faiblit pas. On imagine que la crise est derrière nous alors qu'on est en plein dans cette tragédie.
 
Les pays membres font-ils semblant de ne pas le voir ?
Pire. Les pays membres cherchent à rendre le problème invisible pour ne plus qu'ils fournissent des images de télévision aux opinions publiques et donner l'impression que la crise est derrière nous. C'est un mensonge éhonté. On voit que l'Europe est incapable de déployer une réponse à la hauteur de son projet politique et que le gouvernement cherche à invisibiliser le problème pour donner l'illusion d'une crise dépassée. Il n’y a toujours pas en Europe de véritable volonté de développer un vrai projet politique en matière d'asile et d'immigration.
France info du15 nov
 
 
ah!ah!ah! et ah?