samedi 21 avril 2018

Migrants ep 11 et les fâcheux


Alpes: des militants d'extrême droite lancent une opération anti-migrants au col de l'Échelle

Le groupe a entamé sa montée ce samedi matin avant de matérialiser une frontière symbolique au sommet à l'aide de grillage en plastique.
Une centaine de militants du mouvement d'extrême droite Génération identitaire (GI) sont montés ce samedi matin au col de l'Échelle (Hautes-Alpes), point de passage de migrants depuis plusieurs mois, pour en "prendre possession et veiller à ce qu'aucun clandestin ne puisse rentrer en France".
 
Ce col est un "point stratégique de passage des clandestins" depuis l'Italie, a fait valoir un porte-parole de GI, Romain Espino, en dénonçant "un manque de courage des pouvoirs publics". "Avec un petit peu de volonté, on peut contrôler l'immigration et les frontières".

Le groupe de militants, composé majoritairement de Français, compte aussi des Italiens, Hongrois, Danois, Autrichiens, Anglais et Allemands. Après une ascension commencée après 9 heures, en raquettes sur la neige, ses membres ont érigé une "frontière symbolique" à l'aide de grillage en plastique de chantier. Ils ont prévu de passer la nuit au col.
 
Il s'agit d'"expliquer aux migrants éventuels que ce qui n'est pas humain, c'est de faire croire à ces gens qui traversent la Méditerranée ou les Alpes enneigées que ces parcours ne présentent aucun risque. C'est faux", a déclaré Romain Espino. "Ils ne vont pas trouver l'Eldorado, c'est immoral. Ceux qui en payent les frais, ce sont les Français", a-t-il ajouté.
Culminant à 1762 mètres, le col de l'Échelle est situé à six kilomètres de la frontière avec l'Italie. Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent une augmentation exponentielle d'arrivées de jeunes, majoritairement de Guinée (Conakry) et de Côte d'Ivoire (pourtant première puissance économique d'Afrique de l'Ouest). Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l'Italie en 2016 et 1900 en 2017.
 
La pression migratoire reste "forte" à la frontière franco-italienne dans son ensemble, a indiqué vendredi soir le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, rappelant que 50.000 non-admissions avaient été prononcées en 2017.
Fondé en 2012, Génération identitaire (GI) avait affrété en juillet 2017 le navire C-Star dans le cadre de sa campagne "Defend Europe" en Méditerranée, pour dissuader les ONG de secourir les migrants en mer. Arrivée le 5 août au large de la Libye, l'opération avait pris fin le 17 août.
Le mouvement privilégie des actions au fort retentissement médiatique, comme la fabrication d'un mur devant un futur centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Montpellier en septembre 2016 ou encore, à l'hiver 2013, des maraudes pour venir en aide aux sans-abris, destinées uniquement aux "Français de souche".
(c)AFP
 
la blonde leader de la droite extrême(qui a perdu son mojo, mais pas ses électeurs) était dans la rue contre.... le projet de loi asile et immigration...
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 Opposé au texte, le Front national a organisé,  vendredi soir, une manifestation anti-immigration devant l’Assemblée.
Donner de la voix. Une petite centaine de militants étaient présents, drapeaux français à la main. Ils accueillent la député du Pas-de-Calais et patronne de leur mouvement, dont le slogan est assez simple : "moi qui ai quand même un certain vocabulaire, je n'ai pas trouvé d'autres mots plus adaptés  que... nul. C'est une loi nulle et vide". À défaut de pouvoir se faire entendre dans l'hémicycle juste à côté, le FN donne donc de la voix dans la rue.
Marine Le Pen cherche à reprendre la main sur cette thématique, si cruciale pour elle, alors que Laurent Wauquiez a frappé fort cette semaine en reprenant une partie de ses idées. "Quand je l'entends dire qu'il est terrifiant d'envisager qu'à ce rythme là, il y a un million d'étrangers qui s'installera en France d'ici 5 ans, que c'est affreux, je lui dis c'est vrai, c'est affreux. C'est vrai que c'est exactement le nombre d'étrangers qui se sont installés en France sous le mandant de Nicolas Sarkozy, dont il était ministre..."
(c)Europe 1
                    
les fâcheux ne sont pas bien loin ......
 
DÉCRYPTAGE - En perte de vitesse dans les années 90, plusieurs groupes se réclamant de la droite nationaliste et identitaire ont mené des actions plus ou moins violentes récemment en France, pouvant laisser penser à une recomposition de l'extrême droite radicale. Deux spécialistes décryptent ce phénomène pour Le Figaro.
 
Tout s'est passé très vite, sur le campus universitaire de Strasbourg, mercredi 23 mars au soir. Six étudiants, qui occupaient l'établissement pour dénoncer la réforme de l'université voulue par le gouvernement, ont été passés à tabac par une vingtaine de membres du Bastion Social. Cette association nationaliste, implantée dans plusieurs villes de France a récemment ouvert plusieurs locaux, notamment à Marseille, Lyon et Lille. À Strasbourg, le groupe a pris ses quartiers dans un bar appelé l'Arcadia, en décembre dernier.
Les membres de ce bar associatif, dont certains sont des anciens du Groupe union défense (GUD), avaient déjà fait parler d'eux en janvier, en attaquant deux personnes et un chauffeur de tramway après un rassemblement populaire réclamant la fermeture du local. Le soir de l'inauguration de l'Arcadia, un homme d'origine algérienne avait également essuyé des coups par une vingtaine d'hommes ultraviolents. Inquiet face aux intensifications des attaques, le député LaREM du Bas-Rhin, Thierry Michels, a demandé mardi la dissolution du bar à Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, lors de la séance de questions au gouvernement. Devant l'Assemblée nationale, le député a dénoncé «le fléau croissant de l'ultradroite» et l'installation à Strasbourg, d'un bastion «qui n'a de social que le nom».

L'ouverture d'un local du Bastion Social à Marseille fin mars a également cristallisé les tensions. Plusieurs associations antifascistes ont défilé le 24 mars pour dénoncer l'installation du groupe dans la cité phocéenne. Steven Bissuel, président du mouvement, compte toutefois bien s'installer dans la durée. Au micro de France Bleu, il déclarait: «Il y a des problèmes du fait des grandes vagues d'immigration que subit Marseille depuis des années». C'est avant tout sur les thématiques liées à ce sujet que se positionne le Bastion Social, dont le slogan est «autonomie - identité - justice sociale».
Pour Jean-Yves Camus, directeur de l'observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean Jaurès, cette «résurgence» de l'extrême droite radicale s'explique d'abord par le choix stratégique de Marine Le Pen de normaliser le Front national. «Certains membres de ces groupes peuvent juger que le parti est édulcoré et c'est un élément qui pourrait les pousser à se diriger vers ces structures», juge le spécialiste des mouvances radicales d'extrême droite. «Le socle idéologique est toujours là, mais il y a une crise de confiance envers le FN», précise Nicolas Lebourg, chercheur à l'université de Montpellier. Et d'ajouter: «C'est cette crise qui a créé un appel d'air en faveur de groupuscules comme le Bastion Social».

Si les mouvements nationalistes et identitaires ont toujours émis un «bruit de fond», n'ayant qu'une «très faible portée électorale», selon Jean-Yves Camus, les récents affrontements relatifs aux questions sur la réforme de l'université ont grandement contribué à leur visibilité. Après les violences perpétrées à la faculté de droit de Montpellier, identitaires de la Ligue du Midi et antifascistes se sont défiés dans les rues de la ville occitane.
«Ce sont ce type d'actions coup de poing qui fournissent une publicité à la marque Bastion Social, selon Nicolas Lebourg. Il y a aujourd'hui dans les manifestations étudiantes une ultragauche bien plus radicale que l'extrême gauche. C'est aussi ce remplacement qui a participé au réveil de l'ultradroite». Ainsi, en menant des actions où les membres font usage de violence, ils font passer un message et gagnent en visibilité. Pour l'historien, il s'agit d'une technique bien rodée: «C'est avec la bagarre et les coups que l'on a parlé de Bastion Social dans les médias et c'est ainsi qu'ils peuvent se vendre et mobiliser».

Ailleurs en France, d'autres actions ont été menées par différents groupes se revendiquant de la droite identitaire. C'est notamment le cas à Toulouse, où le mouvement Génération Identitaire a récemment multiplié les opérations pour «lancer des alertes» quant à des éventuels retours de djihadistes dans la région. Plusieurs de leurs membres ont par exemple installé des panneaux de signalisation sur lesquels il était inscrit le mot «djihadistes», barré d'un trait rouge aux abords de la ville.
«Les membres de Génération Identitaire ont pour but de sublimer l'action violente par l'action politique», analyse Nicolas Lebourg. S'ils ne pratiquent pas la violence, ils tentent néanmoins de faire passer un message «plus adapté socialement», afin d'attirer l'attention. C'est Fabrice Robert, responsable de l'ancien «Bloc identitaire» devenu «Les Identitaires», qui a théorisé cette idée: «Il faut faire peur à nos adversaires mais pas à nos grands-mères».
 
Ces mouvements nationalistes et identitaires ont également opéré une mue en matière de communication. Très visible sur les réseaux sociaux, Génération Identitaire multiplie les pages Facebook, répertoriées par villes. À Lyon, par exemple, le mouvement compte près de 124.000 mentions «j'aime». «En revendiquant leurs actions sur les réseaux sociaux, les membres de ces groupes gardent un public captif», note Jean-Yves Camus. Cette communication est donc un moyen de maintenir leurs idées à flot et pérenniser l'engagement des adhérents. «Bastion Social est jeune, poursuit Jean-Yves Camus, mais démontre une véritable volonté de s'ancrer dans la durée».
 
La différence entre «nationaliste» et «identitaire»
«Le nationaliste est quelqu'un qui met la nation et son intérêt par-dessus toute valeur. S'il admet qu'elle est composée d'individus d'origines différentes, il prône néanmoins l'assimilation. L'identitaire juge pour sa part que le multiculturalisme est un leurre. Il considère l'assimilation impossible puisque, selon lui, les différences ethniques sont intangibles», explique Jean-Yves Camus.
(c)Le Figaro 

jeudi 19 avril 2018

Migrants ep.10

lundi 9 avril, 6h du mat', première info du matin, le hongrois qui repousse les étrangers est réélu pour un 3ème mandat de 4 ans...fréquence sur la radio bleue :
1er interrogé : "grâce à ça, on n'aura pas ce qui se passe à Paris où des gens noirs brûlent des voitures sur les Champs-Elysées "
2ème interrogé : toutes ces attaques de migrants qu'on voit en Europe ça nous fait peur, on veut qu'il continu sa politique anti-immigration"
<<<<ça s'est répété à 7 et 8 heures
nous entrons dans la voiture...la radio   sur la fréquence de la station commerciale rouge...les infos et oh ! pour changer un reportage sur les migrants...cette fois, des riverains se plaignent à la maire des problèmes d'hygiène que leur présence en grand nombre provoque....et on a peur de sortir le soir....
 
Un nouveau campement de migrants, installé vers la porte de la Villette à Paris, grossit à vue d’œil. Plus de 1000 personnes vivent dans des conditions déplorables.
« Je suis nouveau. Vous savez où on peut trouver à manger? » Arrivé pendant la nuit à Paris, Simon, Érythréen de 17 ans, fait partie du millier de migrants installés vers la porte de la Villette, sur un nouveau campement qui grossit dans l’indifférence.
« 1.266 personnes ont été décomptées » lors d’une maraude mardi soir, affirme Pierre Henry de France terre d’asile.
Le froid pique sur le canal balayé par les vents. Les tentes sont serrées sous les piles des ponts. Pas d’accès à l’eau potable, un ramassage des ordures compliqué… « Les conditions sont pires qu’à La Chapelle (autre campement de migrants, ndlr) parce que c’est isolé et enclavé », soupire Louis Barda de Médecins du Monde, qui mène des maraudes deux fois par semaine sur le site, dans le nord-est de Paris.
Problèmes d’hygiène, suspicion de gale… les maux « classiques » de la grande précarité sont présents. Mais la situation se complique du fait que « les passeurs sont redescendus de Calais. Beaucoup d’Érythréens ne veulent pas rester, ils font leur marché », ajoute M. Barda.
Blouson trop léger sur les épaules et croix en bois autour du cou, Simon fait partie de ces migrants qui veulent « aller en Grande-Bretagne ». Déboussolé, il suit en grelottant un groupe qui s’éloigne vers une distribution de repas, porte de La Chapelle.
« Parfois, on ne mange pas pendant un jour ou deux. Quand on arrive en fin de la file, il n’y a plus rien », explique Yacine, Soudanais de 23 ans.
D’autres campements se sont formés non loin de là, quai de Valmy, réunissant 350 personnes, Afghans essentiellement, et, dans des conditions terriblement précaires, autour de la porte de La Chapelle, près du centre de premier accueil (CPA) qui hébergeait les migrants depuis 2016.
Mais le CPA va fermer d’ici quelques jours et n’accepte déjà plus personne. Le nouveau système, avec ses centres d’accueil de jour et ses 750 places d’hébergement, se met lentement en place, sans empêcher la formation de nouveaux campements comme celui de la Porte de la Villette.
 
Des maraudes y sont menées. Mais « lorsqu’on intervient deux fois par semaine, auprès de personnes auxquelles on propose une solution d’hébergement immédiat, on a des refus, en nombre, ce qu’on ne comprend toujours pas », assure-t-on à la préfecture de région.
Khaled, Soudanais de 22 ans installé depuis trois mois, avance une explication:
On risque de se faire expulser vers l’Italie si on va dans un centre.
Une crainte proche de celle des associations, qui dénoncent depuis des mois une logique de « tri » à l’oeuvre dans les centres d’hébergement pour orienter les migrants en fonction de leur situation — demandeurs d’asile, nouveaux arrivants, mais surtout « dublinés » enregistrés dans un autre pays européen où ils peuvent être transférés.
Il y a aussi des réfugiés sur le campement. « J’ai un titre de séjour depuis 2015 », raconte Abdelrahmane, un Soudanais de 30 ans. Pourquoi dort-il ici, « sans couverture, sans sac de couchage »? « J’avais une chambre à Thouars (Deux-Sèvres, ndlr). Mais il n’y avait pas de cours de langue, pas de travail. J’ai préféré revenir ici », raconte cet ancien électricien.
Quand le campement sera-t-il évacué? « Il faut que les acteurs institutionnels cessent de se renvoyer la balle et agissent », tempête Pierre Henry.
A la Ville, on plaide pour « une mise à l’abri générale ». « On suit la situation, on y est plus qu’attentifs », affirme-t-on à la préfecture de région, en rappelant que « plus de 2.000 » migrants à la rue ont été pris en charge depuis le début de l’année, dont 200 mercredi matin vers le nord de Paris.
Mais « il faut imaginer un dispositif dans lequel tout le monde puisse être mis à l’abri, et en une semaine ou deux passer dans les CAES », ces nouveaux centres où les situations administratives sont examinées.
© 2018 AFP

 
Karim et Yves, partis du Cameroun, ont risqué leur vie à travers l'Afrique pour atteindre l'Espagne et réaliser leur rêve: l'un joue au football et l'autre au rugby. Mais leur vie quotidienne reste un parcours d'obstacles.
Yves Kepse Tchonang, 1,73 m et 112 kilos de muscles, est première ligne au Rugby Club de Valence, un club de deuxième division espagnole dans l'est du pays.
Karim Issa Abdou, 27 ans comme lui, joue à 700 km de là, à Jerez de la Frontera, dans le petit club de football Alma de Africa ("Ame d'Afrique"), majoritairement composée d'émigrés africains: Camerounais, Marocains, Nigérians, Sénégalais ou Guinéens.
Ils ne sont pas les seuls à atteindre les côtes espagnoles avec l'espoir de réussir dans le sport. D'après les ONG et les migrants eux-mêmes, un quart des nouveaux arrivants déclarent vouloir devenir joueurs professionnels.
Mais la plupart ne font que traverser l'Espagne, où le taux de chômage est un des plus élevés d'Europe, pour chercher fortune plus au nord.
Karim et Yves sont sportifs amateurs, non rémunérés pour jouer. Leur vie est faite de petits boulots mais ils bénéficient de la solidarité de leur entourage et sont intégrés grâce au sport.
 
Karim, un jeune homme mince au rire contagieux né dans une famille de nomades, a quitté Ngaoundéré, dans le nord du Cameroun, à l'âge de 10 ans avec un ami.
Il n'est arrivé que sept ans plus tard, en 2008, à Melilla, une des deux enclaves espagnoles au nord du Maroc qui forment les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique.
Le franchissement de la triple clôture lui a laissé une longue cicatrice à la cuisse gauche, malgré les cinq pantalons passés l'un sur l'autre pour se protéger des barbelés tranchants.
Avant de l'escalader, il a survécu trois ans dans la montagne du Gourougou au Maroc, qui surplombe Melilla, après un voyage éreintant à travers le Nigeria, le Niger et l'Algérie.
"Quand tu es un gamin, parfois des gens te prennent ton téléphone, ce que tu as, tes sacs, tes habits, ton argent... tu recommences à zéro", raconte-t-il, des écouteurs autour du cou. "Si j'avais su ce que je vivrais jusqu'à maintenant, je ne serais pas venu."
 
D'autres joueurs d'Alma d'Africa ont surmonté des épreuves similaires. Malick Doumbouya, un Guinéen de 18 ans, raconte avoir été séquestré par des islamistes dans le nord du Mali. "Ils nous ont retenus jusqu'à ce qu'on leur donne tout notre argent."
Son coéquipier Christian Tchikagoua, un Camerounais de 22 ans, a perdu son meilleur ami, qui s'est noyé en tentant de gagner l'enclave de Ceuta à la nage.
 
En 2017, plus de 28.000 migrants sont arrivés en Espagne et plus de 220 ont perdu la vie en Méditerranée.
Yves Kepse porte également des cicatrices du franchissement des barbelés de la frontière. Il raconte avoir quitté en 2012 sa ville natale de Bafoussam dans l'ouest du Cameroun, en "priant pour ne pas mourir" en cours de route. "Je n'aurais jamais quitté ma maison si j'avais su ce qui m'attendait", dit-il lui aussi.
Il a financé son voyage en travaillant comme électricien, maçon ou déménageur pour 1,50 euro par jour. L'étape la plus dure a été le Niger, dit-il. "Là-bas, au moment de te payer, on appelle la police."
Mais "si je retournais (chez moi), c'est comme si je me retrouvais au point de départ. Comme si cette souffrance n'avait servi à rien", dit Yves pour expliquer sa ténacité.
 
Une fois en Espagne, les migrants ne sont pas au bout de leurs peines: il leur faut trouver du travail, un logement et obtenir un titre de séjour.
Le Rugby Club emploie Yves comme réceptionniste et électricien pour 850 euros par mois et l'a aidé à être régularisé en août dernier.
Karim, lui, n'a toujours pas obtenu ses papiers. Il vit de petits boulots non déclarés, comme jardinier ou laveur de voitures.
 
"Ce sont des fantômes", témoigne Alejandro Benitez, président d'Alma de Africa. "On ne se rend pas compte de la peur qu'ils ont."
Karim vante la "stabilité" que lui apportent son club et sa compagne espagnole, avec qui il est marié depuis peu, assurant que cela l'a sorti de problèmes de drogue et lui permet de mieux supporter la peur d'une éventuelle expulsion.
"Si je n'avais pas l'équipe, et si je n'avais pas ma femme, je ne serais pas ici", dit-il.
Ils rêvent de devenir sportifs professionnels, un but difficile à atteindre pour l'instant.
Alma de Africa grimpe depuis 2015 les échelons des championnats régionaux, mais dépend des dons et des sponsors et a du mal à s'en sortir financièrement, explique Alejandro Benitez, qui encourage ses joueurs à se former et à chercher du travail.
Fran Baixauli, président du club où évolue Yves Kepse depuis quatre ans, lui donne le même conseil. "Je lui ai toujours dit: ne perds pas le nord, suis la formation que tu peux. Si c'est comme électricien, et bien deviens électricien", dit-il. "Le sport ne dure pas toute une vie."
Les sportifs ne perdent toutefois pas espoir de percer un jour.
"Si tu travailles dur, tu sais que si une équipe te remarque, tu peux changer de catégorie. Le rêve, c'est de vivre de ça, même si on ne gagne que 1.000 euros par mois", dit Karim. "On ne sait jamais. Un jour ou l'autre, une porte peut s'ouvrir."
  
 
 Samedi 24 mars, une information judiciaire a été ouverte en Italie, après la mort d'une Nigériane, enceinte et malade, qui avait tenté en vain de gagner la France avec son mari. Elle est morte la semaine dernière dans un hôpital de Turin. Son bébé, né par césarienne juste avant, est un grand prématuré mais se porte plutôt bien, selon les médecins.
La jeune femme de 31 ans et son mari vivaient près de Naples. Quand elle a réalisé qu'elle souffrait d'un lymphome, elle a souhaité finir sa grossesse auprès de sa sœur en France, mais les gendarmes français ont bloqué le couple à la frontière, le 9 février dernier.
Alors que la jeune femme était enceinte de six mois et peinait à respirer à cause de son lymphome, les gendarmes l'ont simplement déposée en pleine nuit devant la gare de Bardonecchia, tout près de la frontière, selon Rainbow for Africa. "Les transporteurs traitent mieux les colis", a dénoncé Paolo Narcisi, un responsable de cette association qui participe à l'aide aux migrants du côté italien des Alpes.
Le mari a ensuite précisé à des médias italiens que c'est lui qui avait été bloqué à la frontière, et que sa femme, autorisée à entrer en France, avait choisi de rester avec lui. Hospitalisée à Rivoli, au pied du Val de Suze, puis dans un service spécialisé à Turin, elle n'a survécu que quelques semaines.
Son bébé, prénommé Israël, né le 15 mars à 29 semaines de grossesse, pesait alors 700 grammes. En une semaine, passée essentiellement sur le ventre de son père, il a atteint près de 1 kg, selon les services médicaux. L'histoire est largement reprise dans les médias italiens, qui rappellent les déboires en France d'un bénévole convoqué après avoir porté assistance à une famille nigériane, dont une femme enceinte.
https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/italie-polemique-apres-la-mort-d-une-migrante-enceinte-qui-avait-tente-en-vain-de-gagner-la-France
 

dimanche 18 mars 2018

Quand ça veut pas, ça veut pas

Selon Buzzfeed, qui cite plusieurs témoins de la scène, le directeur adjoint du FNJ aurait traité un vigile de "sale Africain", "singe" et "espèce de nègre de merde".
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Le député Gilbert Collard se dit « malade » des propos racistes tenus par Davy Rodriguez : « On attend tous des sanctions fermes. Chenu doit prendre des dispositions tout de suite »
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Cédric, l'agent de sécurité en question, revient sur les faits et explique avoir coincé le doigt d'un jeune homme qui voulait entrer dans le bar au moment où lui en sortait. C'est à ce moment-là que Davy Rodriguez intervient. "Ce monsieur est venu alors qu'il n'y avait pas de problème, et a dit : 'Ne lui adresse pas la parole, ces gens-là n'ont pas d'éducation'", raconte-t-il au site d'informations. Cédric - qui assure n'avoir pas eu de geste violent et envisage de porter plainte - lui demande des explications et la scène s'envenime. Davy Rodriguez lui aurait alors dit : "Sale Africain, rentre chez toi en Afrique, singe, tu n'as rien à foutre ici!"
Quelques minutes plus tard, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre plusieurs militants du Front national tentés de calmer Davy Rodriguez, visiblement alcoolisé. "Calme-toi Davy, tu n'as aucun intérêt à t'énerver." Pour tenter de le faire revenir à la raison, ses camarades lui demandent si "Sébastien" [Chenu] "aimerait [le] voir comme ça". "Tu crois que Marine aimerait te voir comme ça?", ajoutent-ils. Dans cette vidéo, on entend Davy Rodriguez dire "espèce de nègre de merde".
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"Davy Rodriguez conteste formellement ces propos. J’ai confiance en lui, donc je les conteste aussi", a réagi le député Sébastien Chenu, ancien membre de l'UMP, qui a rejoint le Rassemblement bleu Marine en 2014. "Je n'ai pas à le sanctionner", poursuit-il, auprès du JDD. "Qu’est-ce que c’est que ce traquenard à deux balles? […] Ce n’est pas lui qui tient ces propos ; c’est mon collaborateur, je connais sa voix", ajoute le porte-parole du FN devant les caméras.
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Hier, Davy #Rodriguez n’a contesté ni ses propos, ni la vidéo elle-même, auprès des médias qui l’ont sollicité pour une réaction
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De son côté, le directeur du FNJ Gaëtan Dussausaye indique au JDD qu'il y aura une réunion "à tête reposée" la semaine prochaine pour voir les suites à donner à l'affaire. "Il est évident que si les faits sont avérés, il y aura des sanctions", indique-t-il. Mais il précise toutefois : "On a l’habitude des montages vidéos, c’est très facile à faire. […] On connait les techniques de manipulations."
(c)JJD

la blonde leader de la droite extrême (qui a perdu son mojo et ne fait plus peur au journalistes) a été réélu présidente  du parti, lors du  congrès à Lille...le vote fait par coorespondance lui a conféré 100% des voix...faut dire qu'elle était la seule candidate....et pendant qu'ils y étaient, supression du titre de président d'honneur, détenu par le père fondateur....dont les mémoires se vendent très bien, me dit-on dans les infos, que ça en paraît suspect....à y regarder de près, ce sont les commandes chez amazon....
                                
en guest  star, celui qui crie partout qu'il est responsable de la victoire de Trump...ce dernier  l'a viré d'ailleurs...moi je croyais que Mam' Clinton avait gagné en nombres de voix...
"L'histoire est de notre côté." "Laissez-les vous qualifier de racistes, de xénophobes ou de nativistes. Chaque jour, on est plus fort et eux s'affaiblissent"
                     
sur la radio putassière et commerciale...qui n'oublie pas que la blonde leader est arrivée seconde aux  élections présidentielles et que ses électeurs sont bien quelque part et qu'ils sont nombreux...je suis tombée sur des rediff' de nuit...."c'est de la faute aux migrants, si la droite extrême fait de si bon score aux élections en Europe"..."la droite devrait s'allier à la droite extrême"..."les migrants font du tort au immmigrés des banlieues", fier de lui, le journaliste( qui n'est pas de gôôôôôche ) a trouvé un algérien pour dire qu'ils devraient rester dans leur pays pour le développer...pourquoi se cacher derrière ce type...
aaah ! des nouvelles de noir brésilien...j'aime à rappeler que l'histoire des Noirs, n'est pas que l'histoire des Noirs ricains....je dis ça je ne dis rien....voilà que l'on m'apprend l'existence de Marielle Franco...pour me dire qu'elle a été assassiné....Marielle de quoi ???????
La conseillère municipale Marielle Franco a été tuée par balles dans la nuit de mercredi 14 mars, à Rio de Janeiro. Son assassinat a suscité une vaste émotion au Brésil, où des appels à des rassemblements ont été lancés dans plusieurs villes....
Issue d’une des favelas les plus violentes de Rio, elle dénonçait régulièrement les violences policières et la récente intervention de l’armée destinée à contenir la recrudescence de la violence dans la ville.
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La militante des causes noire et féministe de 38 ans du Parti socialisme et liberté (PSOL) se trouvait dans une voiture et revenait d’un rassemblement pour la promotion des femmes noires. Le chauffeur du véhicule a lui aussi été abattu, et son assistante, qui se trouvait dans la voiture, a survécu. Selon les premiers éléments de l’enquête, les tirs, une dizaine, seraient venus d'un autre véhicule selon des témoignages cités par le quotidien Folha de S. Paulo.
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Très active dans la lutte pour les droits de l’Homme, Marielle Franco avait été la cinquième conseillère municipale la plus votée lors des municipales de 2016 et était l’alliée de Marcelo Freixo (PSOL), arrivé deuxième du scrutin pour le contrôle la ville de Rio de Janeiro......
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Issue d’une communauté pauvre et noire
Née et élevée au Complexe de la Maré, l’une des favelas les plus violentes de la ville, Marielle Franco dénonçait régulièrement les violences policières et la récente intervention de l’armée dans la « ville merveilleuse ». Les jeunes noirs issus des quartiers populaires – dont elle faisait partie – en sont les premières victimes.
Quelques jours avant sa mort, elle avait dénoncé la police, qui est « est en train de terroriser et violenter les habitants [des quartiers] ». « Cette semaine, deux jeunes ont été tués et jetés dans une fosse. Aujourd’hui encore, la police est allée dans les rues en menaçant les habitants. Cela s’est toujours passé et avec l’intervention, ça s’est empiré », avait-elle écrit le 11 mars.
Deux semaines auparavant, Marielle Franco avait été nommée à une commission législative chargée d'accompagner l'action de l'armée dans son intervention à Rio. Cela serait directement lié à sa mise à mort, selon Cecilia Coimbra, présidente du mouvement «Torture, plus jamais» :
Des appels se sont multipliés dans les réseaux sociaux pour organiser des manifestations devant à plusieurs endroits de Rio, ainsi que dans d’autres villes du Brésil. « Marche contre le génocide noir ! Nous sommes Marielle Franco », déclarait l’un de ces appels, qui avait recueilli 20 000 participants en quelques heures
http://www.rfi.fr/ameriques/20180315-bresil-marielle-franco-assassinee-violence-police-rio-favelas
 
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Dans une ville en plein chaos, minée par la corruption, ruinée et tourmentée par la guerre des gangs, Marielle Franco était une critique virulente de l’action des forces de l’ordre. Dénonçant les dérives policières, elle s’attaquait notamment à l’action des Unités de police pacificatrice (UPP), mises en place à partir de 2008 pour apaiser – en vain – les favelas de Rio.
Effrontée, considérée comme une enquiquineuse par certains bataillons de policiers militaires, qu’elle qualifiait de « bataillons de la mort », elle fut aussi prompte à fustiger l’intervention militaire fédérale décrétée en février pour prendre en charge la sécurité de l’Etat de Rio.
Le motif du crime reste obscur. Mais une partie des Brésiliens y voit une vengeance de la part des policiers. Appuyant cette thèse, la télévision locale de Rio, RJTV, révélait vendredi que les douilles retrouvées près des victimes proviendraient de lots de cartouches vendues à la police fédérale de Brasilia en 2006.
C’était une femme, noire, lesbienne, de la favela, de gauche et du PSOL
Avec plus de 60 000 homicides par an, dont une infime proportion est élucidée, le Brésil offre, avec cet assassinat, l’image d’une nation où les forces de l’ordre ont perdu tout crédit. Conscient de l’émoi, le président, Michel Temer, a promis, jeudi, que les auteurs de ce crime « d’une extrême lâcheté » seraient punis au plus vite.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/03/16/l-assassinat-a-rio-d-une-militante
 
Deux faits divers qui en disent long sur la nature humaine....pour certains sites et commentaires sous les articles, ce sont les noirs, les migrants les responsables....
Au cœur de la cité de la Grande Borne, à Grigny (Essonne), une octogénaire a été séquestrée. En sa présence, des dealers vont et viennent dans son logement qu'ils utilisent pour stocker leurs marchandises. Le calvaire de cette femme atteinte de la maladie d'Alzheimer dure six longs mois jusqu'à ce que des pompiers ne la découvrent par hasard en cherchant d'où venait un dégât des eaux.
Dans l'appartement, les policiers découvrent dix kilos de cannabis, 22 000 euros en petites coupures et deux armes à feu. La vieille femme n'avait aucune conscience de ce qui se passait chez elle. En dépit de son état de santé, elle ne bénéficiait d'aucune prise en charge sociale spécialisée. Aujourd'hui, l'octogénaire a été placée dans une maison de retraite de la commune de Grigny où les services sociaux la prennent en charge.
https://www.francetvinfo.fr/societe/drogue/
 
Un homme handicapé se déplaçant avec une béquille, et qui aurait été agressé par quatre hommes en début de semaine dernière, est décédé, ce dimanche 11 mars, à l’hôpital des Feugrais à Elbeuf, près de Rouen.
Le lundi 5 mars, entre 17 h 30 et 20 h, cet Elbeuvien, âgé de 61 ans, un sac de courses entre les mains, est pris à partie par quatre individus à proximité du magasin Carrefour Market, situé rue du Neubourg à Elbeuf. Les trois agresseurs lui auraient demandé une cigarette qu’il aurait refusée. « L’un d’eux lui a alors assené un coup au visage, le faisant chuter au sol, précise une source judiciaire. Il lui a ensuite donné des coups de pied dans le dos. »
Les quatre auteurs présumés ont pris la fuite. La victime est rentrée chez elle, mais n’a pas déposé plainte. Son état s’est dégradé vendredi dernier et elle a été hospitalisée aux Feugrais. Les services de police ont été avisés le lendemain. La brigade criminelle a été saisie. Une autopsie doit être pratiquée cette semaine pour déterminer les causes précises de la mort.
Les enquêteurs lancent un appel à témoins. Si vous êtes susceptible d’avoir des informations concernant cette agression, vous pouvez contacter la brigade criminelle à Rouen au 02 32 81 42 55 ou au 02 32 81 42 70. L’un des auteurs recherchés est de type africain. Au moment des faits, la victime portait un pantalon gris foncé, une veste noire, et avait entre les mains un sac de courses.
 http://www.paris-normandie.fr/breves/normandie/victime-d-une-agression-un-homme-handicape
 
 
La nuit des noirs a bien eu lieu...
Après plusieurs mois de polémique, la Nuit des Noirs, bal traditionnel du Carnaval de Dunkerque, s'est finalement tenue samedi soir au Kursaal. Comme prévu, des militants d'associations antiracistes étaient néanmoins présents à l'entrée de la salle pour manifester contre l'événement, qu'il jugent racistes
"La ville de Dunkerque a été une ville négrière, il y a eu plus de 60 bateaux négriers qui sont partis d'ici et non seulement on n'évoque pas la mémoire de ces ancêtres, de ces esclaves dans cette ville, mais on tourne en dérision les Africains avec des images de propagande coloniale", a commenté Louis-Georges Tin, président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France.
Après avoir lu quelques textes d'Aimé Césaire, la vingtaine de manifestants ont tenté de se faire entendre des Carnavaleux malgré une forte présence policière. "Ici, les Noirs, les Arabes, les Blancs, tout le monde se mélange. On fait tous le carnaval parce que c'est une tradition, c'est notre culture", a plaidé un des participants.
Finalement, la présence des militants n'a pas perturbé la tenue du bal et aucun incident n'est à déplorer.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/dunkerque/nuit-noirs-dunkerque-manifestation-associations-antiracistes-marge-du-bal-1438351.html

pour Mayotte....zéro énergie...j'ai essayé de lire sur cette histoire de coupeurs de  route....mais euh le cœur n'y est pas...comme la Guyane, blah,blah....
 
les chats y passent aussi...bouilli, grillé....
le président téfal, outrancier, tout glisse, rien n'attache et la chance est avec lui....j'entends et lis ça et là des interprétations de son œuvre par des gens de droite...on a l'impression que quelque chose dans la traduction se perd au milieu de l'océan avant d'arriver jusqu'ici....
quoiqu'il en soit, il pense déjà à sa réélection en 2020...à 74 ans....après Make America great again , voilà : Keep America great .....
une fake news sorti par qui on sait et repris très sérieusement par les média, disait qu'Oprah W. voulait candidater...le président avait sautillé de bonheur en disant qu'il serait à coup sûr le vainqueur......
<<<petit joueur va...non face à lui, il faut un homme et un blanc....
 

mardi 13 mars 2018

8 mars - "Aux Antilles, les femmes sont particulièrement exposées à la violence"

connasse, les femmes sont exposées  à la violence partout....cough! cough!....je dis ça je dis rien...
En France, l'an dernier, 123 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-conjoint.

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l’anthropologue Stéphanie Mulot, du Laboratoire caribéen de sciences sociales de l’Université des Antilles pôle Guadeloupe, évoque la situation des femmes aux Antilles à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes

Quel regard portez-vous sur la situation des femmes aux Antilles - en Guadeloupe et en Martinique - actuellement ?
Aux Antilles, la situation des femmes évolue dans des directions différentes. D’une part, ce sont des sociétés où les femmes sont particulièrement exposées à la violence, dans le cadre familial et conjugal - inceste, viols, violences physiques et morales - et il existe des variations selon les milieux sociaux. La question du rapport au corps des femmes, du respect de leur dignité et de leur intégrité est loin d'être réglée. Elle révèle souvent des rapports de genre défavorables aux femmes. Ainsi,  en Martinique, l’enquête "Genre et violences interpersonnelles", dirigée par Nadine Lefaucheur au CNRS, a montré que les femmes sont victimes de violence le plus souvent quand elles s’opposent à la domination des hommes et à la liberté que ceux-ci revendiquent de pouvoir avoir d’autres relations simultanées. Ainsi, la violence dans le cadre conjugal apparaît particulièrement quand les femmes demandent des comptes à un conjoint souvent absent, quand elles sont enceintes - et que la grossesse peut être vécue comme une pression pour l’homme visant à lui faire assumer des responsabilités envers cette partenaire, ou lorsqu’elles décident de rompre, et que la rupture peut être vécue par le conjoint comme une remise en question de sa propre virilité et du fait que la femme lui appartienne et lui obéisse. Il y a donc encore une représentation des rapports entre les sexes fondée sur le fait que les femmes doivent se soumettre aux règles des hommes dans le cadre conjugal. Ceci n’est pas incompatible avec le fait que les femmes peuvent apparaître comme faisant preuve d’autorité dans la vie de famille, envers les enfants, et que les pères peuvent paraître avoir une autorité secondaire.
D’autre part, les femmes des Antilles sont aussi plus touchées par le chômage, le travail à temps partiel, la précarité et les inégalités de salaire. Elles sont surreprésentées dans certains secteurs, comme le monde du social et médico-social, de l’enseignement, des services, ce qui maintient le lien avec une image de la féminité consacrée à soigner, éduquer, accompagner qui les met à distance des métiers de l’entreprenariat, de l’ingénierie, notamment. En Martinique, toutefois, les femmes sont plus entreprenantes et elles sont maintenant majoritaires à 52% parmi les cadres.

Sur le plan historique on a beaucoup parlé de la femme "poto mitan" des sociétés créoles aux Antilles. Mythe ou réalité ?
Le poto mitan (poteau central) serait la version créole de la mère courage, dévouée, sacrifiée pour ses enfants et tenant toute la maisonnée sur ses épaules, en l’absence du ou des pères de ses enfants. Elle occupe beaucoup l’imaginaire des rapports sociaux aux Antilles et dans l’espace caraïbe francophone. Il y a à la fois du mythe et de la réalité. Si l’on regarde les particularités des familles antillaises, il est vrai qu’il a toujours existé une proportion importante d’entre elles dont les pères semblaient être plutôt absents et dont les enfants étaient élevés par leurs mères, grands-mères, tantes, parfois sous le même toit, en lignée maternelle. Ceci est plus fréquent dans les milieux défavorisés. Cela provient de nombreux facteurs et se traduit par le fait que les hommes pouvaient avoir des relations simultanées avec différentes femmes, et donc des enfants de lits différents, sans forcément vivre avec eux, et qu’ils peuvent ou pouvaient rester habiter chez leur propre mère durablement. Les mères se retrouvaient donc à assumer seules l’éducation des enfants et à faire face aux difficultés sociales et économiques liées à cette situation. Par extension, et même dans d’autres milieux, le poto mitan symbolise cette figure de mère solide et combative qui lutte pour l’éducation de ses enfants. Et cette injonction faite aux femmes de "tenir" est aussi un arrangement pour des hommes qui se délestent ainsi de leurs obligations paternelles et conjugales.
Du côté du mythe, le poto mitan est donc cette image de mère glorieuse qui aurait des qualités extraordinaires de résistance et d’abnégation. Ce mythe de la mère esseulée mais idéale est à déconstruire et dépasser, car il reproduit l’image d’hommes forcément irresponsables et coupables, et de femmes condamnées à la douleur d’une vie sacrifiée où seuls les enfants seraient sources de plaisir. En outre, il est aussi un modèle étouffant de la maternité et de la féminité sacrificielles, qui empêche les femmes d’advenir dans une existence plus épanouie, ou des relations plus égalitaires avec les hommes, les enfants et les autres femmes. Il est remis en question, aujourd’hui, par les plus jeunes et par les associations de soutien aux femmes qui veulent s’émanciper des carcans d’autrefois. Il est critiqué aussi par les hommes qui veulent imposer leur place de père dans les familles contemporaines.
https://la1ere.francetvinfo.fr/8-mars-aux-antilles-femmes-sont-particulierement-exposees-violence-stephanie-mulot-anthropologue-guadeloupe-567029.html

samedi 10 mars 2018

Modeux

quelqu'un a fait une école de stylisme
mais qu'est-ce qu'elle fait ?
...err....elle sourit....