samedi 21 janvier 2017

Un article...sur l'Afrique qui va pas bien...pour changer

<<<<article très partagé sur des sites de...droite....

Migrations africaines, le défi de demain

A trop se focaliser sur le Moyen-Orient, on n’a pas vraiment vu venir l’Afrique… En 2016 pourtant, à bas bruit, l’immigration de ce continent de 1,2 milliard d’habitants a détrôné les arrivées syriennes, afghanes et irakiennes en Europe. Selon une communication de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes, du 6 janvier, 93 % de ceux qui ont débarqué en Italie l’an dernier, venaient de ce continent.
L’année qui vient de s’achever pourrait donc s’imposer comme une transition, un passage de relais entre deux exils. Avec son million de réfugiés en Europe, s’ajoutant aux millions déjà massés en Turquie, au Liban ou en Jordanie, 2015 avait été une « année syrienne », une « année de l’asile », et les esprits sont restés sur cette vision, qui a masqué les autres mouvements de migrations en train de s’affirmer.
 
Globalement, les ordres de grandeur ont chuté. En 2016, les flux ont diminué des deux tiers (364 000 arrivées sur le Vieux Continent) et ont changé de nature. Les traversées par la Méditerranée centrale (181 000) ont augmenté d’un cinquième, prenant le pas sur les passages par la mer Egée (175 000), divisés par quatre. L’accord entre l’UE et la Turquie, signé en mars 2016 et par lequel Ankara s’engage, moyennant finances, à contrôler l’émigration vers l’Europe, est la ­première explication à cette baisse des arrivées syriennes en Europe. L’UE salue l’efficacité de cet accord et la réduction des noyades, mais de nombreuses voix dénoncent le blocage de 54 000 Syriens dans des camps en Grèce et l’inhumanité de la situation.

L’italie en première ligne
C’est donc en Italie que s’observe la pression migratoire africaine. Celle-ci transite via la Libye, pays anarchique où les migrants sont victimes des trafics et des pires exactions. « La Libye est un enfer absolu pour les migrants. Ils en parlent avec effroi, plus que de la traversée de la Méditerranée », commente Pascal Brice, directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
Sur les dix premières nationalités des migrants arrivés en Italie entre janvier et novembre, neuf sont du continent africain, comme l’a comptabilisé l’Organisation internationale des migrations (OIM). Seuls les Bangladais, en 9e position avec 4,4 % des arrivées, viennent rompre cette unité. Principale communauté, les Nigérians ont constitué 21 % des entrants, suivis par les Erythréens (11,7 %), les Guinéens (7,2 %) et les Ivoiriens (6,7 %). Selon Frontex, les ressortissants de ces pays sont dix fois plus nombreux à avoir fait le voyage en 2016 qu’en 2010. L’agence chargée des frontières extérieures de l’Europe estime même que « cette évolution reflète la pression migratoire croissante du continent africain, et plus particulièrement de l’Afrique occidentale, responsable de la majeure partie de la croissance des arrivées par cette route en 2016 ».

Qu’un pays africain prospère rencontre des difficultés, et c’est toute une émigration régionale qui se redirige vers l’Europe.
L’immigration africaine est mixte, composée de réfugiés éligibles au droit d’asile (Erythréens, Soudanais, Ethiopiens), mais aussi de migrants économiques, notamment originaires de l’Afrique de l’Ouest. Cette évolution risque donc de changer la nature du débat dans une Europe en proie aux mouvements populistes, où le droit d’asile est défendu comme un devoir moral et juridique absolu, tandis que l’immigration économique est beaucoup plus contestée. Plus ce flux augmentera, plus certains Etats européens renâcleront à reconnaître l’éligibilité des ressortissants de certains pays à l’asile.
 
Aujourd’hui, en France, même si un sur deux seulement obtient le statut de réfugié, les Soudanais se sont situés au 4e rang entre janvier et novembre 2016. A Calais, ils étaient même la nationalité majoritaire dans la « jungle » démantelée en octobre. Peu enclins il y a quelque temps encore à rester en France, ils commencent à y déposer des demandes d’asile. « Nous observons depuis deux ans une montée du nombre de dossiers du Soudan et de l’Erythrée, et une baisse de ceux qui proviennent de République démocratique du Congo », explique Pascal Brice. Les demandes africaines représentaient 39 % des demandes d’asile déposées en France en 2015. Un pourcentage qui ne devrait pas bouger en 2016.
Déjà mise à mal par la crise syrienne, qui a semé le doute sur la gestion de ­l’espace Schengen et révélé l’incapacité à répartir équitablement les réfugiés ­entrants, l’Union européenne ne semble pas avoir vraiment pris la mesure du défi auquel elle pourrait avoir à faire face si la migration africaine continue sur sa lancée actuelle.

Mesures insuffisantes
Le sommet de La Valette, qui a réuni à Malte les dirigeants européens et africains, en novembre 2015, a bien été consacré à ce sujet, mais les mesures annoncées ne sont pas jugées suffisantes – en dépit du chèque de 1,8 milliard d’euros signé par l’Union européenne pour ces pays – pour calmer les velléités de départ d’une jeunesse très largement sans emploi et impatiente.
Côté français, on insiste sur la nécessité de ne pas avoir avec les pays africains uniquement un rapport punitif – conditionner l’aide au tarissement des flux. L’idéal est de développer des partenariats et d’avoir une approche ciblée : aide au contrôle des frontières et des trafics ; compensation du manque à gagner pour les populations locales dans les pays de transit comme le Niger ; développement ciblé dans les villages de départ (Sénégal, Mali, Nigeria), qui ne profitent pas du décollage économique de leur pays, mais sont toutefois assez riches pour réunir les milliers d’euros nécessaires pour financer le long voyage vers l’Europe d’un des leurs. Cette politique permettrait de réduire des deux tiers le transit à travers le Niger, affirme l’Elysée.

A court terme, les dernières études scientifiques soulignent que le développement d’un pays permet, dans un premier temps, à plus d’individus de disposer des moyens de réaliser leur projet migratoire, et favorise donc les départs. C’est dans un second temps que l’émigration commence à baisser. A condition que l’économie et la démocratie suivent et que la ­natalité, galopante en Afrique subsaharienne, tombe à des niveaux soutenables.
Aujourd’hui, les Africains du sud du Sahara représentent à peine 10 % des migrants de la planète, et la plupart de ces « déplacés » sont juste passés dans un pays voisin du leur. Selon l’OIM, en 2015, sur les 32 millions qui ont pris la route, la moitié d’entre eux ont posé leur sac sur leur continent. Et l’Union européenne compte près de 9 millions de migrants africains.
Reste que les équilibres peuvent vite basculer. Qu’un pays relativement prospère du continent africain comme le Nigeria rencontre des difficultés économiques ou politiques imprévues, et c’est toute une émigration régionale qui se redirige vers l’Europe. Sur un continent qui abritera 2,5 milliards de personnes, soit un quart de la population mondiale, en 2050, une toute petite augmentation du pourcentage de projets de départ au long cours posera un défi majeur du côté nord de la Méditerranée.
http://mobile.lemonde.fr/international/article/2017/01/16/migrations-africaines-le-defi-de-demain


 
 
le dernier paragraphe est..drôle....
 
Noirs en pays arabes

De graves incidents se sont multipliés ces dernières années contre les populations noires en Afrique du Nord. Du Maroc à la Libye, en passant par l’Algérie, on ne compte plus les mises à mort de rue, les ratonnades policières, les lynchages, humiliations et autres faits divers consternants.
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Les Noirs y sont couramment appelés abd (esclaves), kahlouch (nègre) ou qird (singe »). Régulièrement accusés d’être porteurs de multiples fléaux et maladies, ils font l’objet d’une sorte de rage collective et xénophobe. Le problème pourtant est très généralement sous-évalué ou occulté.
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 « Les Noirs africains qui travaillent en Égypte, en Algérie et en Libye, racontent comment ils sont ridiculisés, publiquement et physiquement agressés » The Huffington Post USA, « The Great Taboo : arab racism » Rebecca Tinsley, 9 septembre 2011).
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En Algérie, de véritables massacres ont eu lieu contre des migrants noirs à Ouargla (18 morts brûlés vifs en novembre 2015), Béchar (mars 2016), Tamanrasset (juillet 2016).
Dans la périphérie ouest d’Alger en décembre 2016, des réfugiés, entassés dans des camps insalubres, ont été violemment arrêtés par la police dans une quasi indifférence des médias internationaux et des dirigeants politiques locaux.
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En Égypte, des affrontements de quatre jours ont fait à Assouan 26 morts (Jeune Afrique, 29 avril 2014).
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En Libye, depuis la chute de Kadhafi, les émeutes sanglantes s’enchaînent. Des Tchadiens et des Soudanais réfugiés du Darfour sont égorgés par la foule. « Les témoignages et rapports de Human Rights Watch font état de centaines de civils tués ou torturés en raison de leur couleur de peau » (Le Monde Afrique, 7 septembre 2011).
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Au Maroc, dans le quartier de Boukhalef à Tanger, des Noirs africains sans papier ont été attaqués à la machette par des civils le 29 août 2014 ; un homme a été égorgé, 14 personnes ont été gravement blessées. Le magazine Maroc Hebdo a publié sans complexe un dossier intitulé « Le péril noir » dévoilant ainsi une réalité qui n’a jamais cessé de faire des ravages dans les pratiques et les mœurs des pays arabes.
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«  Mépris, insultes, agressivité et humiliations quotidiennes sont bien souvent le lot des Subsahariens » raconte le journaliste sénégalais Bassirou Bâ (Slate Afrique, « Dans la peau d’un Noir au Maroc », 13 novembre 2012).
« Une réalité trop souvent tue ou minorée », poursuit-il. Que disent aussi bien les enfants, les adultes incultes que les professeurs ou les personnes âgées à leur passage ? « Cannibales, mangeurs d’hommes, tueurs de nourrissons… les coups de couteau fusent parfois dans l’abdomen. (…) Le racisme est une des métastases de l’ignorance – et de l’intolérance ».
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A Nouakchott en Mauritanie l’été dernier, les défenseurs africains des droits de l’homme ont fait un appel solennel à l’occasion du 27ème sommet de la ligue arabe : « Nous appelons les chefs d’État à prendre à bras le corps la question de l’esclavage, du  racisme et de l’exclusion  qui frappent  les Noirs dans les pays qu’ils dirigent » (Mondafrique, 24 juillet 2016).
Mais la Ligue arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique refusent obstinément de condamner ces exactions. Or, il existe bel et bien « un racisme culturel très ancré dans les mentalités » (Dossier « Le racisme anti-noir », Jeune Afrique, avril 2014).
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Le 21 mars 2016, une première campagne transmaghrébine contre le racisme intitulée « Ni Oussif Ni Azzi, Baraka et Yezzi » (en français, « Ni esclave, ni Azzi [« négro »], stop, ça suffit ») était lancée en Tunisie, au Maroc, en Algérie et en Mauritanie.
Cette entreprise de sensibilisation, première tentative de grande envergure, a cherché à mobiliser l’opinion publique par de nombreuses activités comme des conférences, plateforme de presse, ateliers et manifestations artistiques.
Malheureusement, l’impact réel de cette campagne semble avoir été assez négligeable sur la société maghrébine pour laquelle l’exclusion du Noir est généralement vue comme un « comportement ordinaire sans grande importance ».
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Pour le nigérian Wole Soyinka, premier prix Nobel noir de littérature en 1986 : « Les Arabes et l’islam sont coupables d’une brutalité culturelle et spirituelle envers le continent (africain) ». Une brutalité qui ne date pas d’hier.
La traite arabe des Noirs d’Afrique appelée traite orientale est en effet la plus ancienne et la plus longue de l’histoire. Elle a duré du 7e au 20e siècle, soit quatorze siècles.
Dès le Moyen Age, des sources attestent et justifient l’existence de ces trafics d’êtres humains. C’est le cas du célèbre historien et voyageur tunisien Ibn Khaldoun qui affirmait au 14e siècle : « les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal » (Al-Muqaddima, 1377).
Ahmad al Maqrîzî, historien égyptien du 15e siècle, décrit avec force détail les marchés négriers du Caire. Les nombreux témoignages directs d’explorateurs du 19e siècle, comme V.L.Cameron, H.M.Stanley, David Livingstone ou Charles Martial Lavigerie, confirment que cet esclavage a largement perduré.
Les convois caravaniers traversaient les déserts depuis la Méditerranée vers la mer Rouge et l’océan Indien, en direction du Sud et de l’Est. 15 à 17 millions de Noirs africains ont ainsi été concernés par ce trafic selon les dernières estimations des spécialistes.
« L’esclavage (…) [était] un immense commerce très lucratif, (…) utile à la construction des bâtiments ou à la culture de la canne à sucre, ainsi que dans les mines de sel du Sahara ou dans les mines d’or du Soudan » (Tatiana Pignon, « L’esclavage en terre d’islam », Les Clés du Moyen Orient, 26 décembre 2014).
Pour Thomas Vernet (Université Paris 1 Sorbonne), la traite orientale a été aussi meurtrière que la traite transatlantique. Le voyage vers le Maghreb, le bassin du Nil ou la péninsule arabique, durait trois mois environ dans des conditions terribles, à travers le désert et par bateaux.
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Même les Africains convertis à l’islam, contrairement à une interdiction du calife Omar (7e siècle), étaient réduits en esclavage car tout devenait possible en période de pénurie de main d’œuvre. Un Africain était, au mieux, considéré comme un musulman inférieur. Sa condition d’esclave était inhérente à la couleur de sa peau. Salah Trabelsi, historien à l’université Lumière Lyon 2, y voit la preuve d’une société musulmane profondément inégalitaire.
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A aucun moment le Coran ne condamne l’esclavage. Mahomet lui-même possédait des esclaves. On peut même dire que l’islam a légalisé cette pratique, d’ailleurs évoquée dans pas moins de 25 versets, sans jamais être condamnée.
Roger Botte (CNRS-EHESS) raconte que La Mecque est longtemps restée « le lien séculaire entre pèlerinage, traite des esclaves et leur redistribution dans l’ensemble du monde musulman » (Esclavages et abolitions en terres d’islam, Bruxelles, août 2010, p.10).
La traite négrière est une invention du monde arabo-musulman assure l’anthropologue et économiste sénégalais Tidiane N’Diaye dans son livre Le génocide voilé (Gallimard, 2008). Bien avant les théories raciales nées en Europe au 19e siècle, il y avait déjà, écrit-il, « un paradigme de l’infériorité de homme noir dans le monde arabo-musulman ».
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La castration y était voulue et planifiée, généralisée et massive « pour que les Noirs ne fassent pas souche ». Car, poursuit Tidiane N’Diaye, il fallait éviter leur prolifération.
« Le résultat est que de nos jours, ils ont presque tous disparu en Turquie, au Yémen, en Irak et on en trouve très peu au Maghreb ou en Arabie Saoudite. » Les Noirs présents en pays arabes aujourd’hui sont plutôt des migrants et réfugiés, clandestins et indésirables.
On les chasse comme des bêtes. « Force est de reconnaître que la traite arabo-musulmane fut un véritable génocide des peuples noirs ».
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Dans les pays arabo-musulmans, le Noir est traité comme le bouc émissaire par excellence, tout comme le Juif, confinés l’un et l’autre au rôle d’inférieurs. Les insultes si proches, dont le Juif comme le Noir font l’objet, les font communier dans la même adversité.
 
 

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